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Voici une traduction du blog (version anglaise) de Mito Kosei

Un survivant de la bombe atomique parle

NO MORE HIROSHIMAS!

PEACE NEVER FLOWS FROM HATE.

Blog de Mito Kosei (japonais)

Blog de Mito Kosei (anglais)

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Photo prise en juillet 2014

Je suis un des plus jeunes survivants du bombardement atomique. Ma mère était enceinte de moi de 4 mois quand elle est entrée dans le centre de Hiroshima, trois jours après le bombardement.

Quand j’étais petit j’ai très souvent été malade.
Malgré deux maladies graves, ma mère est aujourd’hui toujours en vie et a 99 ans. Mon père était à 3 kilomètres de l’hypocentre quand la bombe a explosé mais il a vécu jusqu’à l’âge de 93 ans.
Mon grand-père était à 600 mètres de l’hypocentre et il est mort un mois plus tard.

Voici le témoignage de ma mère, sur la mort de son père.

Je suis guide devant le Dôme de la bombe atomique depuis 2006 pour dire la vérité, en espérant que l’opinion du monde entier puisse conduire à l’abolition des armes nucléaires.
S’il vous plait, si vous visitez Hiroshima, trouvez-moi et venez me parlez.

Le témoignage de Suzuko

Numata Suzuko a perdu sa jambe à cause de la bombe atomique et elle a raconté son expérience jusqu’à sa mort à l’âge de 87 ans. C’est elle qui m’a inspiré pour devenir guide. S’il vous plait, lisez son témoignage.

Un couple américain que j’ai guidé a fait un film intitulé THAT DAY, qui appelle à l’abolition des armes nucléaires, s’il vous plait, regardez-le.

J’espère que ce blog vous aidera à connaitre « Hiroshima ».

Ma devise de guide:
Chaque rencontre est un trésor, 
pour que ça ne se reproduise plus jamais .


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Nombre de morts
(à la fin de l’année 1945)

140 000

Coréens : 20 000
Américains (prisonniers de guerre) : 12
Etudiants asiatiques : 8


Pape Jean-Paul II, « Appel pour la paix », 1981

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« Se souvenir du passé, c’est s’engager pour l’avenir. »
« Se souvenir d’Hiroshima, c’est s’engager pour la paix.
Se souvenir de ce que les gens de cette ville ont souffert, c’est renouveler notre foi dans l’homme, dans sa capacité de faire ce qui est bien, dans sa liberté de choisir ce qui est juste, dans sa détermination de changer le désastre en un nouveau commencement. »

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 Questions fréquentes

K. Harada

: Pourquoi le Japon a commencé la guerre ?

  • Le Japon contrôlait la Péninsule coréenne, Taiwan et la partie nord-est de la Chine. A l’inverse, les Etats-Unis, ainsi que d’autres pays ont pris de sévères mesures économiques contre le Japon. Le Japon avait alors désespérément besoin de ressources naturelles, en particulier de métal et de pétrole.
  • La partie sud-est de l’Asie était alors contrôlée par différentes nations occidentales (Etats-Unis : Philippines, Royaume-Uni : Inde/ Birmanie, France : Viet Nam/Laos/Cambodge, Pays-Bas : Indonésie, Portugal : Timor oriental). Le Japon disait que la guerre avait pour but de libérer ces pays asiatiques du contrôle occidental. Mais en réalité le Japon avait pour intention d’obtenir des ressources naturelles de ces zones.

Q : Est-ce que les Japonais sont contre la guerre ?

  • On a appris aux gens, et ils croyaient que la guerre menée par le Japon était juste, et avait pour but d’aider les autres pays d’Asie. Pour eux, les Américains et les Anglais étaient très violents et les asiatiques souffraient sérieusement.
  • Le gouvernement japonais et les autorités militaires contrôlaient les civils très fermement. Si une personne s’opposait ouvertement à la guerre, elle était appelée « traître », « non-japonais » et arrêtée.

Q : Est-ce qu’il y a eu des alertes pour prévenir le lancement de la bombe atomique ?

  • Non, il y a juste eu des avertissements de manière générale, qui disaient que si le Japon ne capitulait pas immédiatement, les raids aériens seraient multipliés.
  • Les autorités militaires américaines ont décidé de ne pas donner d’alerte particulière à l’avance. Ils pensaient, que si une alerte était donnée, les forces japonaises auraient peut-être essayer d’intercepter les bombardiers américains, fait évacuer la zone autour de la cible ou emmené des prisonniers de guerres américains à cet endroit-là.

Q : Est-ce que l’utilisation d’une arme atomique était illégale ?

  • Il n’y avait pas de loi internationale qui disait explicitement que l’utilisation d’armes atomiques était illégale. Mais une loi internationale, adoptée par la Conférence Internationale de la Paix de La Haye en 1889, interdit l’utilisation d’armes qui infligerait la mort inutile de personnes.
  • En juillet 1996, La Cour Internationale de Justice (à La Haye, aux Pays-Bas) a jugé que la menace ou l’utilisation d’armes nucléaires serait une violation de la loi internationale appliquée dans le cas de conflits armés.

Q : Pourquoi les Américains ont-ils utilisé deux types différents d’arme nucléaire ?

  • Ils n’avaient pas la certitude de pouvoir développer l’arme atomique à temps donc ils ont essayé de deux manières différentes. Au final, ils ont réussi à mettre au point les deux types d’arme. Une bombe à l’uranium, et deux bombes au plutonium ont été construites. Comme le mécanisme d’une bombe au plutonium est complexe, ils avaient besoin de la tester pour voir si cela fonctionnait. Une bombe au plutonium a donc été utilisée pour un essai, et les autres ont été utilisées pour bombarder Hiroshima et Nagasaki.

Q : Quelle était la différence entre les explosions à Hiroshima et à Nagasaki ?

  • La puissance de la bombe à Hiroshima était de 16Kton (l’équivalent du TNT) alors que la bombe de Nagasaki était de 21Kton. La bombe de Nagasaki était 1.3 fois plus puissante que celle d’Hiroshima.
  • A Nagasaki, la bombe a explosé à 3km de la cible prévue. Comme cette zone était moins peuplée, le nombre de mort a été plus faible qu’à Hiroshima.

Q : Est-ce que les Japonais ont su que les bombes étaient des bombes atomiques rapidement après les bombardements ?

  • Le jour d’après, le quartier général impérial a seulement annoncé que Hiroshima avait était dévastée par un nouveau type de bombe mais ils n’ont dit que c’était une bombe atomique qu’après la fin de la guerre.
  • Juste après la guerre, le Japon était occupé par les forces alliées. Les forces d’occupation avaient peur que si les dégâts causés par la bombe atomique devenaient largement connus au Japon, les gens aient du ressentiment envers les Américains. Ça aurait certainement perturbé leurs opérations d’occupation et conduit le Japon vers l’Union Soviétique. Ils ont donc imposé un code de presse qui interdisait de diffuser des informations sur la bombe atomique.

Q : Combien de temps ce code de presse a été imposé ?

  • Il a été effectif jusqu’au traité de paix entre le Japon et les Etats-Unis en avril 1952.
  • Entre les mois de mai 1946 et novembre 1948, le Tribunal militaire de Tôkyô a été tenu par les forces alliées. Plus de 20 leaders japonais ont été jugés coupables pour avoir causé la guerre et il a été considéré que les Américains ne devaient pas être accusés pour le résultat de la guerre. Au vu de cette situation, le code de presse a été levé.

Q : Est-ce que les survivants ont reçu suffisamment d’aide ?

  • Parce que le code de presse a été mis en place par les forces alliées et qu’il a été effectif jusqu’en 1952, la souffrance tragique connue par Hiroshima n’a pas été officiellement discutée au Japon et les survivants n’ont pas reçu d’aide pendant un long moment.
  • Une loi pour un soutien médical a été établie en 1957, et une loi pour une pension de vie a été instaurée en 1968. Cela est arrivé deux décennies après le bombardement.

Q : Est-ce que les Etats-Unis ont indemnisé pour les dommages causés par la guerre ?

  • Les Etats-Unis n’ont pas du tout dédommagé pour les dégâts causés par la guerre, y compris ceux causés par la bombe atomique. Suivant le jugement du Procès de Tôkyô, il a été considéré que les dirigeants japonais étaient pleinement responsables des dégâts et dévastations.
  • Les Etats-Unis ont cependant beaucoup aidé le Japon pour la reconstruction. Ils pensaient que vu que le Japon avait désespérément besoin d’assistance pour la remise en état du pays, si les Etats-Unis ne dispensaient pas cette aide, le Japon se tournerait vers l’Union Soviétique.

Q : Qu’est-il arrivé aux dirigeants japonais après la guerre ?

  • Lors du Procès de Tôkyô qui s’est tenu après la guerre, plus de 20 dirigeants japonais ont été jugés coupables de « crime contre la paix » ou de « crime contre l’humanité », et condamné à mort ou non. Au total, 5700 japonais ont été jugés par des tribunaux militaires et 1000 d’entre eux ont été exécutés.

Q : Estce que le Japon a indemnisé des pays ?

  • Officiellement le Japon a indemnisé 4 pays (Philippines, Sud Vietnam, Cambodge et Laos). Beaucoup d’autres pays ont abandonné leurs réclamations de droits. En contrepartie, le Japon a versé des fonds de soutien à ces pays. Les indemnisations ont officiellement été données pour l’année 1977 à tous les pays ayant souffert, excepté la Corée du Nord.
  • Les compensations du Japon n’ont pas été données directement aux individus mais elles ont été utilisées pour la reconstruction d’infrastructures, comme des constructions de barrage ou des constructions en fer.

Q : Est-ce que les radiations peuvent être toujours détectées aujourd’hui ?

  • Oui, bien que ce soit dans certains cas très particuliers. Il y a quelques années, un scientifique a détecté des radiations provenant des marques de pluie noire, qui sont exposées dans le musée, dans la partie consacrée à la radioactivité. Il a pour cela utilisé un matériel très perfectionné et de très haute précision, car le niveau de radiation est très bas. Il est impossible de détecter des radiations résiduelles liées au bombardement atomique dans des circonstances ordinaires.

Q : Est-ce que les survivants haïssent les Américains ?

  • Ça dépend sûrement des personnes. Je crois que la plupart de survivants n’ont plus de rancune envers les Etats-Unis. Ils pensent que c’est la guerre et l’arme atomique qui ont causé tant de souffrances et espèrent confier un monde sans guerre et sans arme atomique à leurs descendants. Ils pensent que les rancunes ne peuvent qu’entrainer un désir de vengeance et des représailles.
  • Les survivants critiquent aujourd’hui fermement les Etats-Unis qui ne sont pas assez actifs dans l’abandon des armes nucléaires, alors que c’est dans leurs obligations selon le TNP (Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires). Les Etats-Unis conduisent toujours des essais nucléaires et développent des nouveaux types d’armes atomiques.

Q : Est-ce que le Japon a des armes nucléaires ?

  • Le Japon répond aux trois principes non-nucléaires qui sont : pas de production, pas de possession et pas d’introduction d’armes nucléaires.
  • Selon le Traité de coopération mutuelle et de sécurité entre les Etats-Unis et le Japon, signé en 1960, les Etats-Unis doivent consulter le gouvernement japonais pour utiliser ou introduire des armes nucléaires sur le territoire japonais. Le gouvernement japonais dit que les cuirassés américains qui passent dans les ports japonais ne sont pas équipés d’armes nucléaires car ils ne disent pas qu’ils en ont.

Q : Est-ce que vous pensez que la dissuasion nucléaire fonctionne ?

  • Comme la technologie nucléaire est en progrès, les armes nucléaires deviendront plus petites et plus maniables. Lorsque des groupes terroristes peuvent obtenir ce type d’arme la dissuasion nucléaire n’est pas un principe qui peut fonctionner.

Q : Est-ce que certains présidents américains ont visité le musée ?

  • Le 27 mai 2016, le président Barack Obama s’est rendu à Hiroshima. C’est la première visite d’un chef d’Etat américain.

Le bombardement atomique

Utilisation de bombes factices

Les bombes citrouilles (pumpkin bombs) étaient des explosifs classiques développées par le Projet Manhattan et utilisées par l’Armée de l’Air américaine contre le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. La bombe citrouille était une réplique très proche, mais non-nucléaire, de la bombe au plutonium Fat Man lancée sur Nagasaki le 9 août 1945. Ce type debombe a été principalement utilisé pour faire des tests et s’entrainer. Le nom « Bombe citrouille » vient de la forme ellipsoïdale des munitions et était le terme de référence utilisé dans les documents officiels.

49 bombes de ce type ont été lancées sur 30 villes. Elles ont tué 420 personnes et blessé 1200 personnes.

Wendover Air Force Base est une base américaine situé dans l’Utah, maintenant connue comme étant l’aéroport Wendover. Pendant la Seconde Guerre mondiale elle a servi de de base d’entrainement pour les équipages des bombardiers B-17 et B24. C’était le lieu d’entrainement du 509th Composite Group, l’unité du B-29 qui a lancé les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki.

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B-29 « Enola Gay » et son équipage, entraîné sur le site de Wendover.
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Une bombe citrouille

Villes prises pour cibles potentielles des bombardements atomiques (le 25 juillet):
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Les nombres montrent combien de bombes citrouilles ont été lancées sur chaque ville.


L’Enola Gay

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Le 5 août 1945, Paul Tibbets a officiellement nommé son B-29 Enola Gay, d’après le nom de sa mère. Elle est décédée en 2007, à l’âge de 92 ans.

Trois bombardiers B-29 ont volé vers Hiroshima

-L’Enola Gay a lancé la bombe atomique Little Boy.
-Le Great Artiste a lancé trois équipements radio pour analyser les changements de température et de pression de l’air.

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Equipement radio pour faire des mesures de l’explosion et tissu du parachute qui l’a lancé (exposé dans le Musée de la Paix).

Pour analyser les changements de chaleur et de pression de l’air causés par le bombardement, trois instruments de mesure scientifiques ont été lancés depuis l’avion.
-Le Necessary Evil était chargé de faire des photographies.


La cible du bombardement: le pont Aioi

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Cible et hypocentre

Le pont Aioi (相生橋) a une forme inhabituelle en « T ». Le pont d’origine a été construit en 1932 et a été pris pour cible lors du bombardement atomique de Hiroshima en 1945 car sa forme était facilement reconnaissable depuis les airs.

Le pont Aioi est situé au centre de la ville. Il a été pris pour cible mais se situe à 300 mètres de l’hypocentre de l’explosion. Le souffle a renversé les rampes et a propulsé la rampe située au nord dans le fleuve. Elle est ensuite remontée à la surface de l’eau, et a arraché violemment une poutre épaisse de 30 centimètres au sol et les trottoirs.

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L’Enola Gay est arrivé au-dessus de la ville de Hiroshima depuis le nord-est à une altitude de 9600 mètres et a lancé la bombe atomique. Après avoir lancé la bombe, l’avion a effectué un virage rapide et s’est enfuit vers le nord.
La bombe atomique a explosé à une altitude de 600 mètres, environ 43 secondes après avoir été lancée. 1/10000 de seconde après l’explosion, une boule de feu a atteint un diamètre de 280 mètres. Sa température était d’environ 300 000°C. Sa température en surface était d’environ 5000°C.


Les effets causés par l’explosion

1 / LA RADIATION INITIALE est la radiation qui se libère en grande quantité avec l’explosion, en moins d’une minute. Elle estprincipalement composée de rayons alpha, de rayons beta et de neutrons. Ce sont principalement les rayons gamma et les neutrons qui atteignent le sol. Cette radiation a des effets considérables sur le corps humain.

La radiation résiduelle a été présente dans le sol pendant une grande période dès les premières minutes après l’explosion.

2/ LE RAYONNEMENT THERMIQUE a été émis pendant 1.4 secondes. Le point d’explosion a atteint une température de plusieurs millions de degrés. La température des rayons thermiques à l’hypocentre a été estimée entre 3,000 ~ 4,000 °C. A l’intérieur d’un rayon d’un kilomètre à partir de l’hypocentre, la plupart des gens qui étaient à l’extérieur sont morts, leur peau n’a pas uniquement été brûlée mais également leurs organes internes.

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3/  L’ONDE DE CHOC et LE SOUFFLE

Au moment de l’explosion, il y a eu une grande expansion d’air causée par la chaleur. La très haute pression de l’air (onde de choc) s’est propagée dans toutes les directions comme un mur invisible. L’onde de choc a causé des dégâts importants sur tout ce qui était au sol, avec une onde provenant de l’explosion en l’air, et qui a ensuite rebondi à partir sur le sol et les bâtiments. Près de l’hypocentre, la force du souffle était égale à 440 mètres par seconde. Toutes les maisons en bois dans un rayon de deux kilomètres à partir de l’hypocentre ont été détruites, et même celles qui étaient éloignées ont été partiellement endommagées.

Quand l’onde de choc s’est stoppée, la pression de l’air dans la zone centrale était extrêmement basse et l’air est revenu des zones environnantes vers le point d’explosion.


Il n’était pas nécessaire de lancer les bombes atomiques sur le Japon

Avant que la bombe ne soit utilisée, les services de renseignement des Etats-Unis pensaient que la guerre prendrait fin quand deux choses se produiraient : quand l’armée soviétique attaquerait le Japon et quand les Etats-Unis assureraient au Japon que leur Empereur pourrait subsister en tant que symbole du pouvoir ou personnalité de prestige.
Les Soviétiques ont déclaré la guerre le 9 août, et le 12 août, les Etats-Unis ont assuré au Japon que l’Empereur pourrait rester. Le Japon a capitulé le 15 août.

L’Amiral William Leahy, chef d’Etat-Major du Président Truman, a dit plus tard : « Je pense que l’utilisation de cette arme barbare à Hiroshima et Nagasaki n’était d’aucun secours dans notre guerre contre le Japon. Les Japonais étaient déjà vaincus et prêts à capituler à cause du blocus maritime et de la réussite des bombardements avec des armes classiques. ».

Le Général Douglas MacArthur, Commandant des forces armées américaines dans le Pacifique, a déclaré plusieurs fois avant sa mort que la bombe atomique était totalement inutile d’un point de vue militaire : « Mon Etat-Major était unanime sur l’idée que le Japon était sur le point de s’effondrer et de capituler. ».

Le Général Curtis LeMay, qui a planifié et dirigé les bombardements de l’Allemagne et du Japon (et qui a plus tard été à la tête du Commandement des forces stratégiques aériennes), a exprimé cette idée en quelques mots : « Le bombardement atomique n’a rien à voir avec la fin de la guerre. ».


Point zéro

L’Hôpital Shima est considéré comme l’hypocentre du bombardement atomique de Hiroshima. Aujourd’hui, tout près du bâtiment, il y a une plaque commémorative qui marque le point de l’hypocentre, ou point zéro, de l’explosion nucléaire sur Hiroshima.

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Le 6 août 1945, l’hôpital Shima a complétement été détruit par la bombe atomique, qui a explosé juste au-dessus, à 600 mètres de haut. Tout le personnel médical et les patients qui étaient à l’intérieur, ils étaient environ 80, sont morts instantanément. Ce jour-là, Kaoru Shima était loin de la ville de Hiroshima. Il était parti aider un collègue à faire une opération difficile dans un hôpital d’une ville voisine. Lui, et l’infirmière qui travaillait avec lui sont les seuls survivants de tout le personnel de l’hôpital. Kaoru Shima est retourné à Hiroshima dans la nuit du 6 août et a commencé à soigner les blessés.

En 1948, le Docteur Kaoru Shima a fait reconstruire l’hôpital au même endroit. Quand il est mort, à l’âge de 80 ans, son fils a changé la clinique en une clinique de chirurgie. Le 1er août 2009, le nom de la clinique a été changé pour devenir : « Shima geka naika ». Le fils de Kaoru Shima est aujourd’hui à la retraite et est devenu le directeur d’honneur. Le directeur actuel, le petit-fils de Kaoru Shima, est la troisième génération de cette famille à travailler dans l’hôpital.

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Kaoru Shima
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Le directeur d’honneur
Le directeur actuel
Le directeur actuel

Comment a-t-on déterminé l’hypocentre?

Le souffle causé par la bombe atomique a frappé le pont Motoyasu du dessus, renversant le dessus des lanternes de pierre, et a soufflé les rampes des deux côtés du pont vers l’extérieur, les propulsant dans le fleuve. Comme il était directement en dessous du centre de l’explosion, le pont lui-même a été épargné de dommages majeurs, ce qui en fait une structure importante pour mesurer l’emplacement précis de l’hypocentre du bombardement.

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Le pont Motayasu

Ces ombres ont pu être observées dans d’autres endroits. Elles ont servi à déterminer l’emplacement exact du centre de l’explosion de la bombe atomique.

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Carnet de survivant

Aujourd’hui, dans tout le Japon, environ 200 000 survivants ont un certificat officiel appelé « A-bomb survivor’s health book » (livret de la bombe A).

Certains ne veulent pas avoir ce certificat, car ils ont peur d’être victime de discrimination parce qu’ils sont irradiés. Cela était particulièrement vrai quand les survivants étaient célibataires, car il était très difficile pour eux de pouvoir se marier.

L’Atomic Bomb Survivors Relief Law classe les hibakusha (personnes irradiées, survivants de la bombe atomique) selon quatre types différents.

  • Première classe: Ces personnes se trouvaient dans une zone à moins de 4 ou 5 km de l’hypocentre quand la bombe a explosé. (124 599 survivants)
  • Seconde classe: Ces personnes étaient à moins de 2 km, dans une période de deux semaines après le bombardement. (48 020survivants)
  • Troisième classe: Ces personnes ont traité ou fait brûler des victimes. (21 769 survivants)
  • Quatrième classe: Ces personnes ont été exposées aux radiations dans leur ventre de leur mère. (7 398 survivants).

[Nombre des survivants pour le mois de mars 2013]

La bombe atomique a affecté les fœtus in utero. Certains étaient mort-nés, et des enfants nés sans problème visible ont connu un taux de mortalité élevé, même après sevrage. Certains survivants qui ont été exposés in utero à proximité de l’hypocentre et en début de grossesse sont nés avec des têtes anormalement petites. Cet état, appelé microcéphalie, a souvent été accompagné par un retard mental qui a rendu les victimes incapables de mener une vie quotidienne sans assistance. Aujourd’hui, 20 survivants souffrent de microcéphalie.

Les secondes générations de survivants ne peuvent pas obtenir ce livret. Si un survivant peut prouver qu’il souffre d’une maladie à cause des radiations, il peut obtenir une pension spéciale. Mais même maintenant, seulement 1% des survivants perçoit cette pension, car les conditions pour être éligible sont extrêmement strictes.

Les effets de la bombe sont toujours présents, presque soixante-dix ans après qu’elle ait été lancée. Par exemple, de nouveaux types de cancers sont maintenant trouvés parmi les survivants, certainement à cause de dommages au niveau génétique. Deux ou trois de ces nouveaux cancers se sont développés au niveau de différents organes.

Le gouvernement japonais a crée la loi pour les soins médicaux des survivants du bombardement atomique en 1957. J’ai obtenu ce certificat  à l’age de 20 ans, soit 8 ans après que la loi soit instaurée.

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Ma mère, qui était enceinte de moi de 4 mois, est entrée dans le centre de Hiroshima pour voir ce qui était arrivé à notre maison le 09/08/1945. Elle appartient donc à la classe 2, et moi à la classe 4.
Mon père était dans le centre de la ville quand la bombe a explosé donc il fait partie de la classe 1.
Ma grand-mère n’est jamais entrée dans la ville mais il s’est occupée de beaucoup de victimes et appartient donc à la classe 3.

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ABCC (Explication dans le Musée de la Paix)
L’ABCC (Atomic Bomb Casualty Commission) a été établie à Hiroshima et Nagasaki en 1947 pour étudier les effets de la Bombe atomique sur le corps humain au long terme. En 1951, le bureau de Hiroshima a déménagé au sommet de la colline de Hijiyama. Certains ont critiqué la politique de cette commission qui se contentait d’examiner les patients et de documenter les maladies sans prodiguer de traitement. En 1975, le Japon et les Etats-Unis se sont mis d’accord pour partager équitablement les opérations et la gestion des établissements. La commission a été réorganisée et renommée RERF (Fondation pour la Recherche sur les Effets de la Radioactivité).

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Ajoutant l’insulte au préjudice, l’ABCC a envoyé des échantillons physiques, comme des restes humains aux Etats-Unis, sans partager les résultats des recherches avec les scientifiques japonais ou les physiciens, résultats qui auraient pu être utiles dans le traitement des souffrances liées au bombardement atomique. L’anthropologue Hugh Gusterson, qui a passé trois ans à étudier les armes scientifiques au Laboratoire National de Lawrence Livermore, explique le processus de déshumanisation selon lequel les scientifiques américains ont changé « les morts et les corps blessés des Japonais en corps de données » et ont ensuite ajouté des sujets américains supplémentaires pour approfondir les expérimentations.  En transformant les êtres humains en parties démembrées et fragmentées et en calculant des dommages plutôt que des blessures, le discours scientifique rationnel et froid a permis aux Américains d’étudier les victimes japonaises sans jamais tenir compte de leurs douleurs et de leurs souffrances.

Encore aujourd’hui, la RERF ignore et sous-estime les conséquences des radiations résiduelles et de la contamination interne. Elle insiste aussi sur l’absence de conséquences génétiques.

Quels ont été les actions menées par l’ABCC sur les jeunes survivants ?

ABCC a visité toutes les écoles de la ville de Hiroshima et a pris de nombreuses photographies d’enfants, garçons et filles, avec des cicatrices chéloïdiennes et ont examiné les organes génitaux des jeunes survivants dans des bureaux.

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ABCC a disséqué 7500 corps de victimes et ont envoyé leurs organes aux Etats-Unis. Après avoir été examinés, ils ont été donnés à l’Université d’Hiroshima en 1973.

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Ils sont aujourd’hui conservés à l’Université d’Hiroshima avec beaucoup d’autres restes matériels retournés par les Etats-Unis.

 


L’ONU adopte un traité bannissant l’arme atomique, boudé par les Etats nucléaires

Article paru dans Le Monde, le 7 juillet 2017:

Un traité interdisant les armes nucléaires a été adopté vendredi 7 juillet aux Nations unies, mais les puissances nucléaires ont refusé de participer au processus. Ce texte reste donc largement symbolique, au moment où la Corée du Nord accélère son programme d’armement.

Le traité a été adopté par 122 votes pour, une voix contre – celle des Pays-Bas, membre de l’Otan – et une abstention. Ses partisans y voient une réalisation historique, mais les Etats nucléaires le jugent irréaliste, estimant qu’il n’aura aucun impact sur la réduction du stock mondial actuel, de quelque 15 000 têtes nucléaires.

141 Etats impliqués

Des applaudissements ont retenti dans la salle de conférence de l’ONU après le vote, qui met un terme à trois semaines de négociations par 141 Etats, portées par l’Autriche, le Brésil, le Mexique, l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande.

Le traité, qui préconise une interdiction totale du développement, du stockage et de la menace d’utilisation d’armes nucléaires, ne s’appliquera qu’aux signataires. Il sera ouvert à ratification à partir du 20 septembre et entrera en vigueur après sa signature par 50 pays.

Ses partisans espèrent qu’il accentuera la pression sur les Etats nucléaires afin qu’ils prennent le désarmement plus au sérieux. « Nous avons réussi à semerles premières graines d’un monde sans armes nucléaires », s’est félicitée l’ambassadrice du Costa Rica, Elayne Whyte Gomez, qui a présidé la conférence de l’ONU sur le traité.

Aucun des neuf pays détenteurs de l’arme nucléaire (Etats-Unis, Russie, Royaume-Uni, Chine, France, Inde, Pakistan, Corée du Nord et Israël) n’a pris part aux négociations. Même le Japon, seul pays à avoir connu une attaque atomique en 1945, les a boycottées, ainsi que la plupart des pays de l’Otan. La France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni estiment dans un communiqué commun que ce texte « méprise clairement les réalités de l’environnementsécuritaire international ».

Arme de dissuasion

Les puissances nucléaires font valoir que leur arsenal sert de dissuasion contre une éventuelle attaque nucléaire et rappellent qu’elles restent engagées par le traité de non-prolifération nucléaire (TNP), de 1968. Celui-ci rend notamment les Etats responsables de la réduction de leurs stocks.

La Corée du Nord a, de son côté, accéléré son programme d’armement nucléaire et balistique en dépit du TNP et a testé mardi pour la première fois un missile intercontinental. Les Etats-Unis, soutenus par plusieurs alliés, ont appelé à renforcer les sanctions contre Pyongyang, et ont laissé entendre que l’option militaire restait sur la table. Mais les pays non nucléaires dénoncent la lenteur du désarmement et craignent que ces armes de destruction massive ne finissent par tomber dans de mauvaises mains.

Les militants du désarmement estiment que le traité de vendredi aura un impact sur l’opinion. Il « empêche les Etats nucléaires de se réfugier derrière l’idée qu’ils ne sont pas hors la loi », estime Richard Moyes, directeur de l’organisation britannique Article 36. « Il s’agit vraiment d’effacer l’aspect prestigieux des armes nucléaires », soutient Beatrice Fihn, directrice d’un mouvement réclamant l’abolition des armes nucléaires (Abolish Nuclear Weapons).