Numata Suzuko

Le temoignage de Suzuko Numata

J’ai rencontré Suzuko Numata à l’age de 50 ans. Son histoire m’a donné envie de devenir guide. Je suis allé la voir à l’hopital. Elle est morte trois mois plus tard à l’age de 87 ans en 2011.

 
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Pour répandre des graines de Paix à travers le Monde
En transmettant l’expérience de la bombe atomique

par Suzuko Numata

Je suis née à Osaka le 30 juillet 1923. Quand j’avais 5 ans, ma famille a déménagé à Hiroshima à cause du travail de mon père. Ma famille était composée de 5 personnes, mes parents, mon frère aîné, ma sœur cadette et moi. Un petit frère est né à Hiroshima en avril 1929, ce qui faisait que nous étions 6.

Quand j’étais enfant, j’avais une vie confortable et faisais ce qui me plaisait. J’ai terminé l’école élémentaire et je suis entrée dans une école pour filles, pleine de rêves. J’étais ravie de ce nouveau départ. J’étais en huitième année le 7 juillet 1937, quand la guerre Sino-japonaise a éclaté, une guerre qui allait changer nos vies, et même nos cœurs et nos esprits. Je n’avais pas conscience de ce qu’était la guerre et aucune possibilité de la voir comme une réalité. Incapable de résister au système militariste en place autour de moi, en un rien de temps j’étais devenue une petite fille militariste.

Au cours de ce qu’on appelle la «guerre de quinze ans », de l’incident de Mandchourie à la capitulation du Japon le 15 Août 1945, on ne nous a jamais rien dit des actions menées par le Japon en tant qu’agresseur. Nous n’avons jamais rien entendu au sujet des invasions contre la Chine et l’Asie du Sud-Est, le massacre de Nankin, le bombardement de Chongqing, ou les terribles souffrances que nous avons infligées à la Corée. Les faits déplaisants au sujet de la guerre nous étaient dissimulés. Au nom de la «guerre sainte», du «nationalisme», de la «justice» et de la «victoire», nous criions des phrases comme «Hakkoh ichi-u » (Un seul monde sous le ciel), « Ichioku isshin hi-no-tama ni nare » (être comme une boule de feu, 100 millions de personnes unies comme une seule), « Zeitaku wa teki da » (le luxe est l’ennemi), et « Hoshigarimasen, katsu made wa » (Nous ne voudrons rien jusqu’à la victoire). Nous chantions des chants guerriers avec enthousiasme, obéissions aux ordres naïvement et faisions tous les efforts possibles pour aider notre nation à parvenir à la victoire.

Pendant cinq jours à partir du 14 juillet 1939, quand j’étais en dixième année, j’ai été mobilisée pour servir dans un dépôt de matériel militaire. Là-bas, j’ai travaillé avec des élèves de la septième à la dixième année, qui frottaient la rouille sur les boulets de canon. A la place de nos uniformes scolaires avec des marinières, nous portions des pantalons de travail à hauteur du genou, des uniformes d’entrainement, des chaussures en toile sans chaussettes et des gants de travail en coton blanc. Ne réalisant pas à quel point la guerre avait déformé nos esprits, j’étais plutôt fière de moi, qu’une simple fille soit engagée dans un travail « honorable » qui participait à l’effort de guerre. En fait, je voulais enlever cette rouille aussi vite que possible pour envoyer ces boulets de canon au front, en espérant que ces boulets que j’avais polis allaient tuer autant de soldats ennemis que possible et aider à apporter la victoire au Japon. Longtemps après la fin de la guerre, cette expérience m’a fait réfléchir sur le redoutable pouvoir de l’éducation, et j’ai appris à considérer la guerre de deux points de vue, celui des responsables et celui des victimes.

Des rêves brisés à 21 ans

En 1942, après avoir obtenu mon diplôme à l’école des filles, j’ai été embauchée par la Direction générale des communications de Hiroshima où mon père travaillait. Ma sœur cadète a commencé à travailler là en avril, et moi en mai. Mon père, ma sœur et moi travaillions dans le même bâtiment en octobre 1943 quand à l’âge de 19 ans je me suis fiancée. Désormais, je pouvais endurer le désespoir, la pénurie alimentaire, et les uniformes antiaériens ternes que nous portions tous parce que ma joie d’être fiancée me réconfortait. Je suis sûre que mes camarades de classe qui étaient mobilisés avec moi étaient également ravis quand ils ont appris cette bonne nouvelle.

C’était juste notre troisième rencontre quand, en mars 1944, j’ai vu mon fiancé au départ pour le front au Port d’Ujina à Hiroshima, après qu’il ait reçu sa convocation au département de Shimane. En avril, le plus jeune de mes frères qui était alors élève au collège, a rejoint les rangs des jeunes militaires. Il est entré à l’école d’entrainement militaire à Matsuyama, dans le département d’Ehime. Nous n’avons eu aucune nouvelle de lui jusqu’à la fin de la guerre. A ce moment là, en tant que « femmes défendant le front de la maison » nous n’étions pas autorisées à exprimer notre peine. Je n’ai même pas été capable de tenir sa main quand nous nous somme séparés. Dans mon cœur, en revanche, je criais de toutes mes forces, « bats toi comme un vrai soldat et reviens sain et sauf à la maison ». Une fois encore, j’étais aux prises avec cette terrible mentalité que j’avais connue lorsque je polissais les boulets de canon. Dans les semaines et les mois qui ont suivis, alors que je priais pour son retour, nous entendions des histoires à propos de la Bataille d’Okinawa et des raids aériens des B29 dans tout le Japon qui tuaient par milliers et causaient des destructions inimaginables et épouvantables.

Le 1er mai 1945, j’ai été affectée avec trois collègues à la Division d’installation de communication pour la Défense sur le toit du même bâtiment où je travaillais au quatrième étage. Parce que notre travail était lié aux affaires militaires, on ne nous donnait aucune information sur ce que nous faisions. Nous passions nos journées à apprendre à rouler les cigarettes et à faire les courses, jusqu’au soir du 5 août.

Vers la fin du mois de mars, j’ai appris que mon fiancé était censé revenir du front à Hiroshima avec une brève mission autour des 8 9 ou 10 août. Bien qu’à ce moment là il y avait de graves pénuries de nourriture et de vêtements, nos deux familles avaient décidé d’organiser le mariage dès qu’il serait de retour. J’attendais vraiment avec impatience que le mois d’août arrive, pleine des rêves et des espoirs d’une future mariée de 21 ans. Aucun d’entre nous n’a eu de nouvelles concernant la mort de mon fiancé tué sur le champ de bataille en juillet.

Comme le reste du Japon, Hiroshima a entendu les terribles et étranges sirènes antiaériennes avertissant des attaques des B29. Elles nous emplissaient de crainte, et nous trouvions étrange que notre ville, en dépit de sa forte concentration de troupes et installations militaires, n’avait jamais été attaquée comme les autres. La ville est pratiquement restée intacte jusqu’au bombardement atomique du 6 août.

L’expérience de la bombe atomique

Le 6 Août 1945, l’alerte aérienne de la nuit de la veille avait été arrêtée à 2h10 du matin, et les gens de Hiroshima profitaient d’un matin paisible ne pensant pas du tout à l’horreur qui allait arriver à 8h15. Soulagée que la nuit se soit terminée sans aucune attaque, je me préparais pour un autre jour. Et j’étais excitée, anticipant mon mariage qui se déroulerait seulement dans 3 jours. Je m’habillais rapidement. Bien que fatiguée après une nuit d’insomnie, toute ma famille était prête tôt, donc ma mère a suggéré que nous partions tant que l’air était encore frais. Mais alors que nous nous apprêtions à partir, la sirène a retenti à nouveau.

Le bombardement atomique, trois jours avant le jour de mon mariage

Lorsque l’alerte aérienne a sonné, je me sentais mal à l’aise. C’était tôt le matin. Peut-être que c’était une véritable attaque de B29. Pourtant, je pensais que ça s’arrêterait bientôt comme les autres, sans incident. Nous avons juste attendu à la maison. Je n’ai pas regardé l’horloge, mais plus tard j’ai appris que l’alerte avait sonné à 7h09 et s’était arrêtée à 7h31. Ça m’avait semblé durer au moins une heure. Notre petite radio nous avait assuré que tous les avions qui s’étaient approchés de Hiroshima avaient fait demi-tour. Soulagée, j’ai ramassé ma capuche de protection anti aérienne et mon petit kit de premiers soins, j’ai dit au revoir à ma mère, et je suis partie avec mon père et ma sœur pour travailler au Bureau des communications, un bâtiment en béton armé de 4 étages situé à 1000 mètres de ce qui allait bientôt devenir l’hypocentre. Mon frère aîné était en train de travailler au Bureau des finances de Hiroshima, à 1500 mètres de l’hypocentre. Ma mère était à la maison.

Quand on est arrivés au Bureau, mon père est monté au troisième étage et ma sœur au troisième. Je me suis pressée à mon poste sur le toit et je n’ai trouvé aucune autre femme là-bas. Je pensais être la première personne à arriver, mais en jetant un coup d’œil aux bureaux, j’ai vu qu’elles portaient des t-shirts d’hommes. J’ai regardé par-dessus le toit. Il n’y avait aucun nuage dans le ciel bleu éclatant. Les hommes, torses nus faisaient de l’exercice, discutaient ou se faisaient du vent et regardaient le ciel. Je les ai regardés un moment, et j’ai ensuite décidé de commencer à nettoyer la pièce. Le ménage fini, je suis descendue au quatrième étage pour quelques raisons. D’habitude, j’aurais utilisé un des trois robinets d’eau situés sur le toit. Je me serais pliée en quatre pour nettoyer les vêtements, mon dos et ma tête exposés au ciel. Au lieu de ça, après avoir regardé mes collègues à l’extérieur, je me suis mise en route vers le quatrième étage avec mon sceau. Je me tenais dans le hall opposé à l’évier, à côté des marches, quand j’ai vu un flash clair, multicolore.

Je ne pense qu’il m’ait fallu plus de deux minutes pour aller du toit au lavabo du quatrième étage. J’étais face à la cour, dans la direction de l’hypocentre. Je me souviens du mélange lumineux de couleurs : rouge, jaune, bleu, vert et orange. Je ne le savais pas à ce moment-là mais j’ai appris plus tard que j’avais vu le flash libéré au moment de l’explosion de la bombe atomique.

Piégée avec mon pied gauche coupé

Je ne me rappelle pas combien de temps ça a duré, mais la chose suivante dont je me souviens est d’avoir été dans le noir, piégée sous quelque chose de très lourd. Ensuite j’ai encore perdu connaissance. Bien que je me sois tenue debout dans le hall d’entrée, j’ai été projetée par le souffle dans une pièce. Dans la pièce, tout s’était écroulé, et mon pied gauche avait presque était sectionné de ma jambe au niveau de la cheville. Pendant que j’étais inconsciente, une étrange odeur de fumée se répandait dans la pièce. J’ai été trouvée par quelqu’un qui s’était échappé dans la cour à l’extérieur, qui avait remarqué cette fumée et était revenu dans le bâtiment pour apporter son aide. Il m’a sorti de dessous les décombres, mais parce que ma jambe était tranchée, il a dû me porter sur son dos pour me descendre au quatrième étage. C’était tout ce qu’il pouvait faire pour nous conduire au plein air. Alors qu’il me portait dehors, le feu était en train de se propager du quatrième aux troisième et second étages. Plus tard, mon père m’a dit que les flammes soufflaient en dehors des fenêtres comme des rideaux rouges chatoyants. Si mon sauveur était venu juste une seconde plus tard, je n’aurais pas survécu. Je serais restée piégée et serait morte en criant et en pleurant des larmes d’agonie et de haine.

Quand l’on m’a emmenée dans la cour, je pouvais difficilement voir ou entendre. La panique régnait, et même ceux qui étaient blessés couraient dans tous les sens avec frénésie. Mon père faisait partie de cette foule, courant dans tous les sens en criant « Où est ma fille ? Je ne trouve pas ma fille ! ». Il a été choqué de voir ma cheville blessée et il suppliait ceux qui étaient autour de lui, et qui étaient eux- mêmes blessés, pour avoir de l’aide. Finalement, quelqu’un a fini par trouver un tatami. J’ai été allongée dessus et on m’a emmenée dans un endroit plus sûr. Bien que j’ai perdu connaissance plusieurs fois, quand ils ont réussi à stopper les saignements, j’ai repris conscience et ma vie était sauvée. Quand ma vue et mon ouïe sont devenues plus claires, j’ai vu des figures qui ressemblaient difficilement à des humains, et les cris et les larmes qu’ils exprimaient dans leur agonie « De l’eau ! » « A l’aide ! » « Maman ! » venaient d’un Enfer sur Terre.

Une personne au visage noirci était accroupie de douleur à mon pied droit. C’était ma sœur cadette, qui saignait à cause des nombreux fragments de verres plantés dans sa tête et dans ses bras. Je n’ai compris que c’était elle que lorsqu’elle m’a appelée « ma sœur ! ». Combien de temps s’était écoulé depuis que j’avais vu ce flash magnifique ? Le ciel s’est soudain assombri et de grosses gouttes de pluie ont commencé à tomber. Plus tard, j’ai entendu que c’était une pluie noire radioactive. La pluie trempait tout : le moignon de ma jambe, les victimes brûlées, les morts. Curieusement, ma cheville gauche ne me faisait plus mal du tout, mais après trois jours sans traitement médical, la blessure a commencé à suppurer jusqu’au genou, mettant ma vie en danger. Dans la nuit du 9 août, un médecin qui était venu avec une équipe d’une autre préfecture m’a examiné à l’aide de lampes de poche et de bougies. Il m’a dit que le seul moyen de me sauver était d’amputer ma jambe gauche au-dessus du genou. A l’aube du 10 août, ma jambe a été amputée au niveau de la cuisse sans anesthésie. J’ai poussé un cri terrible pendant que la scie coupait ma jambe, mais l’amputation a sauvé ma vie.

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Le courage de vivre donné par l’Aogiri bombardé

Le premier étage du Bureau des Communications était utilisé comme centre de secours temporaire et j’ai été soignée là-bas. La pièce était sale, et les asticots infestaient toutes nos plaies. Avec le cri angoissé de la conscience, les divagations des délirants, et les cris des agonisants, c’était vraiment un Enfer sur Terre, les morts et les vivants étaient allongés côte à côte. Pendant que j’étais allongée sur mon lit l’air était lourd de la puanteur du sang, du pus et des corps qui brulaient, qui continuaient jours et nuits dans le désert brulé qui avait un jour était Hiroshima.

J’ai subi quatre opérations sur ma jambe gauche avant d’être finalement autorisée à partir après 18 mois d’hospitalisation. Je suis partie en 1947 dans une poussette faite à partir d’un fauteuil roulant rudimentaire. Ma mère le poussait et j’ai pleuré pendant tout le chemin du retour en voyant ma ville tellement transformée que je ne pouvais pas la reconnaitre. Notre maison était une petite cabane construite avec des planches au milieu des décombres.

Mon père n’était pas blessé. Ma mère a juste reçu des blessures légères à la main gauche. Mon frère aîné avait des brûlures au visage et à la poitrine et ma sœur a reçu des coupures partout au visage et sur les bras. Notre famille n’a pas complétement était réunie avant le 15 août, quand mon frère cadet a été libéré du service militaire et est rentré à la maison. Mon mariage avait été prévu en août mais mon fiancé a été tué en juillet. J’ai appris sa mort tardivement en août à l’apogée de ma souffrance due à la douleur et à l’angoisse de perdre ma jambe. J’ai pris la nouvelle comme si c’était arrivé à quelqu’un d’autre. J’ai perdu tout désir de vivre, ou même de penser et j’étais incapable d’apprécier le fait d’avoir été sauvée alors que d’innombrables vies précieuses avaient été perdues. A la place, tout mon chagrin s’est transformé en dégoût et mes jours étaient remplis de pensées suicidaires. Ce qui m’a sauvé du désespoir a été la rencontre avec les arbres aogiri. Trois arbres avaient été terriblement brûlés dans le bombardement mais déjà, de nouvelles branches solides apparaissaient.

Quatre aogiri poussaient dans la cour du Bureau des Communications quand j’y travaillais. Mes collègues et moi avions l’habitude de faire des pauses et de se relaxer sous ces arbres. Trois de ces arbres brûlés par les rayons de la bombe atomique ce matin-là ont survécu. Une rumeur circulait et disait qu’aucune plante ne pousserait à Hiroshima avant 70 ans, et je le croyais. Mais quand j’ai vu les trois arbres survivants pour la première fois après la guerre, chacun d’eux avait des minuscules brindilles et feuilles qui émergeaient des cicatrices noircies. En fixant ces arbres, mes pensées suicidaires se sont transformées en pensées de vie. Ces arbres m’ont donné la force de me remettre. Le bâtiment bombardé a été remplacé en 1973 par un bâtiment de 8 étages et la cour a été supprimée. Par conséquent, les arbres ont été replantés à leur emplacement actuel au Parc du Mémorial de la Paix.

Témoigner pour vivre comme un survivant sans aucun regret

Il m’a fallu longtemps avant de pouvoir me relever sur mes pieds, mais je suis retournée à l’école en espérant pouvoir aider à éloigner l’humanité de sa bêtise. J’ai commencé à enseigner et j’ai enseigné pendant 28 ans à partir de 1951, jusqu’à ma retraite en 1979. Mon frère ainé est mort, et mes parents sont morts en s’inquiétant pour le futur de leurs filles. Mon frère cadet profite d’une vie heureuse, entouré de ses petits-enfants. Moi et ma sœur cadette, qui a été atteinte par les effets des radiations et qui a souffert d’une maladie après l’autre, vivons ensemble et nous soutenons mutuellement. Au cours des 28 années de ma carrière dans l’enseignement je n’ai jamais parlé de ce jour-là. Après ma retraite, j’ai réalisé que j’étais à l’aube de la vieillesse et j’ai décidé de commencer à parler. Aujourd’hui, je consacre mes jours à cette mission, Avoir vécu un demi-siècle depuis le bombardement atomique représente quelque chose de marquant, mais pour moi, c’est le moment de nous engager pour transmettre la vérité du bombardement atomique aux générations suivantes, de manière à ce que les horreurs commises par nos pères ne soient pas répétées. Il faut apprendre la vérité à propos du passé, admettre humblement les erreurs qui ont été faites et tourner nos regards vers les guerres de combat, les armes nucléaires, la discrimination, la pollution et la destruction de l’environnement. communiquer mon expérience aux jeunes générations qui n’ont jamais connu la guerre, pour leur apprendre la sacralité de la vie et l’importance vitale de faire et de garder la paix. Aussi longtemps que je serai en vie, ça restera mon devoir, et je suis résolue à servir cette cause en racontant mon expérience.

Ne jamais répéter l’erreur

Je remercie toujours les mouvements des survivants de la bombe atomique, les mouvements populaires et les activités qui ont vu le jour dans la période de reconstruction après la guerre. Ils ont dépassé beaucoup d’obstacles difficiles et ont travaillé dur pour la paix ce qui a préparé le chemin pour ceux d’entre eux qui parlent aujourd’hui. Nous devons prendre soin de cette route qu’ils ont tracée, et elle devrait être entretenue et maintenue par les jeunes qui vivront dessus au XXI ème siècle. Nous ne devons pas laisser l’expérience de Hiroshima s’effacer.

Je privilégie les rencontres avec beaucoup de gens qui veulent apprendre sur Hiroshima. J’apprécie les opportunités grandissantes d’échanges avec les jeunes enfants, les lycéens, les étudiants, les adultes, les étrangers, qui m’écoutent avec des yeux brillants et aucune trace de lassitude de leurs voyages à Hiroshima. Je rencontre beaucoup de gens et en apprend beaucoup d’eux, et faire comme ça donne du sens à ma vie ainsi que du courage et de l’espoir pour voir le soleil se lever le lendemain.

Donner mon témoignage est ma manière de planter les grains de la paix. J’espère que beaucoup de gens joindrons leurs mains et travaillerons ensemble pour planter les graines une par une. Pour l’amour de notre magnifique Terre et pour un futur plus lumineux et merveilleux, plantons les graines de notre cœur, en commençant par ceux qui sont autour de nous.

La Paix est le stade ultime de la joie, alors que l’ignorance mène à l’absurdité. Maintenant que nous vivons dans un temps de paix, nous pouvons regarder objectivement nos sociétés et évaluer nos actions. S’il y a de la compréhension entre les Nations, de la confiance et de l’amour entre les gens, nous serons capables de communiquer entre nous. Dans l’espoir que les tous les gens à travers le monde puissent vivre dans la paix et le bonheur, je continuerais mon voyage à travers l’histoire pour chercher la vérité. J’ai visité les Etats-Unis, l’Europe, l’Union soviétique, la Malaisie, Singapour, Belau, les Philippines, le Vietnam, Auschwitz, la Chine, la Corée du Sud, Paname et Okinawa. Je visite Okinawa et la Corée du Sud tous les ans.

Laissez-moi terminer en disant qu’il y a quatre mots qui guident mes activités quotidiennes de guide : rencontre, inspiration, découverte et départ.

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